Réponses à quelques questions fréquentes à propos de «Little Lou / La Route du Sud»

Ceux qui aiment Little Lou et sa suite « La Route du Sud » sont étonnement différents les uns des autres : enfants, adolescents, parents, enseignants, animateurs, amateurs de jazz et de blues, musiciens, amateurs de Bd … m’écrivent volontier. C’est une expérience rare pour un illustrateur, un auteur qui, en dehors de quelques salons a peu de complicité avec son lecteur. J’ai toujours eu du courrier mais rien à voir avec ce que ces livres suscitent.
Aussi pour éviter de redire souvent les mêmes choses, de redonner les même informations, j’ai choisi quelques e.mails significatifs suivis de mes réponses. Certains points étant ainsi traités, nous pourrons creuser un peu plus le sujet ou aborder d’autres aspects induits par ces histoires. Cette rubrique est donc appellée à être enrichie.
Au passage, je remercie Lou, mon héros de papier, de me faire rencontrer tant de personnes pleines de curiosité, de désirs, de projets… et qui vont peut-être communiquer entre elles.

 

NB : Je vais faire figurer les noms et adresses-courriels de ceux qui m’ont écrit, mais si ces derniers s’en trouvent gênés, qu’ils me le fassent savoir.

 

1 Question d’origine introuvable
Merci pour votre intérêt porté à Little Lou. Je vous suggèrerais:
– de leur parler du lent et douloureux passage de l’esclavage vers le statut de citoyens libres avec le racisme endémique dans le sud.
– d’aborder l’appel du nord et de l’industrie qui offrait des salaires (maigres certes) comparée au travail agricole exténuant dans le sud et perpétuant les habitudes d’esclavage.
– de parler de la solidarité ds immigrés dans les villes du nord qui a favorisé l’adaptation du jazz du sud.
– de voir comment la prohibition a eu des effets pervers: contrebande d’alcohol et développement de la maffia.
– de voir si vous le souhaitez comment les phases lentes du réçit sont appuyées sur de l’illustration et du texte de lecture tandis que les épisodes d’action sont traités en bande dessinée.

 

2 Derya et Emmanuelle décembre 03 <Baremma@aol.com>
Bonjour, nous sommes deux professeurs des écoles stagiaires de l’IUFM de Montigny les Metz et nous vous avions déjà contacté une première fois par e mail mais nous n’avions pas reçu de réponse de votre part. Ainsi, nous nous permettons de renouveler notre demande.
Nous vous avions précisé dans notre premier mail que nous étudions en ce moment votre album Little Lou et cela, dans le cadre de notre formation. Nous avons ainsi quelques questions à vous poser:
– nous nous interrogeons sur la présence de nombres qui apparaissent dans l’illustration, en particulier le nombre (date ?) 1984 inscrit sur une plaque d’immatriculation, ainsi que le nombre 85 présent sur le capot d’une auto.
Que signifient ces nombres?
d’autre part, nous n’arrivons pas à déterminer de manière précise le lieu et l’époque où se déroule l’histoire. Nous pensons au Chicago des années 30.
Pouvez – vous confirmez cette hypothèse?
Nous vous remercions d’avance pour votre aide.

Bonjour. Je suis étonné que vous n’ayez pas eu ma réponse à votre mail déja ancien. Merci en tout cas d’avoir pris mon bouquin comme objet d’études.
Je (re)réponds à vos questions car je ne peux récupérer mes anciens courriers, ayant changé d’ordinateur entre temps.
1984 c’est la date à laquelle j’ai commencé Little Lou. 85 car il a dû se passer une année entre les deux. C’est un peu comme pour les séquences au cinéma, on ne fait pas les dessins dans l’ordre de la lecture.
Pour le cadre vous avez tout à fait raison il s’agit de Chicago. La rue s’appelle Maxwell Street, c’est là que se trouve toujours le marché aux puces. C’était le premier ghetto qui s’est tellement étendu depuis. Si la ville n’est pas nommée, c’est que je voulais donner à cette histoire une portée plus générale. J’avais même une image qui montrait la voiture des truands circulant “downtown” ce qui signait bien les lieux. Je l’ai supprimée pensant qu’ainsi il pouvait s’agir de tous les enfants noirs issus du monde rural du sud et en fait j’avais tort. Plusieurs personnes m’ont reproché de ne pas avoir assez ancré dans la réalité ce récit. Le second épisode est nettement plus précis au point de vue lieux.
Pour ce qui est du temps c’est bien les années trente; en tout cas après la crise, moment où les noirs se sont mis a quitter le sud pour les usines de Detroit, les abattoirs de Chicago, etc…
Mais comme LL ne grandit pas il se pourrait qu’il se retrouve à Paris juste après la guerre… mais ceci est une autre histoire.
Voila en espérant vous avoir renseigné. Bien à vous

 

3 Question d’origine introuvable
Il y a maintenant pas mal de littérature sur ce sujet. Le grand livre humaniste, le premier à mon sens, reste « Le peuple du blues » de Leroy Jones (difficile à trouver hors bibliothèque). Sinon il y a des films comme « Around midnight » de B.Tavernier et la récente série de Wenders mais c’est en VO. J’attends avec impatience le prochain film de Clint Eastwood sur Ray Charles…
Si vous souhaitez des informations sur le Jazz, le Blues, la culture noire nord-américaine… le mieux est de taper sur internet où il y a une foule de choses et bien sûr voir ce que votre bibliothèque détient sur le sujet. La recherche peut être passionnante pour les jeunes car les documents se recoupent: exode sud-nord/ musique/ plantations/ Mississipi / bayous / pratiques vaudous/ usines automobiles/ abattoirs de Chicago/ civil rights/ etc…. chaque mot cache un pan de culture.
Merci de vous être penchés sur mon petit Lou avec autant de sérieux.

 

4 Question d’origine introuvable
Le passage en BD est destiné à accélerer l’histoire, installer un rythme plus rapide dans ce qui était de l’ordre de la vie quotidienne lente, répétitive.
Je sais que ce mélange des genres intrigue parfois mais ce n’est pas pour choquer, simplement faire comprendre qu’à partir de ce moment-là les choses vont se précipiter.
Les jours de fête à loyer, les party-rent c’étaient des sortes de loto qui se tenaient dans une salle de bar ou un dancing genre salle des fêtes de chez nous, des juke-joints, où toute la communauté se réunissait pour jouer. Cela permettait de faire circuler le peu d’argent que ces gens détenaient et souvent, en forçant un peu le destin, de favoriser les plus démunis qui n’arrivaient pas à se payer un appartement. Les slums (taudis) des grandes villes grouillaient de monde à cause des cousins des cousins venus du sud sans un dollar et qu’il fallait bien abriter. Il fait si froid dans des villes comme Chicago en hiver alors on trichait un peu pour aider ceux qui étaient trop pauvres. Et là il y avait de la musique, des chants…
Voila ! En espérant vous avoir un peu aidés.

 

5 Jean Morzadec / Radio du Livre (novembre 03) <radiodulivre@wanadoo.fr>
Cher Jean Morzadec
Voici la dédicace que vous m’avez invité à rédiger à propos de Little Lou:
« Ami lecteur, si cette dédicace était sonore je te jouerais un de ces vieux blues du delta du Mississipi. J’essaierais d’y mettre du cœur même si, de l’effroyable travail du coton je ne connais rien. Comme chaque fois que je décroche ma vieille guitare je me sentirais un peu gêné de m’approprier cette musique que de gens ont crée dans (grace à?) la peine. Mais j’ai succombé à ce charme proprement magique à l’âge oû le goût se bâtit et il fallait qu’un jour je le dise. Mes moyens de conteur ou de dessinateur étant sensiblement plus affutés que mes ressources musicales, il vaut mieux pour toi que « Little Lou » reste un bonhomme de papier. Ce livre a connu un chemin plutôt tortueux et escarpé qu’il serait trop long de refaire maintenant avec toi. Mais peut-être me suis-je ainsi partiellement acquitté de ma dette envers le monde noir. « La Route du Sud » en est la prolongation.

 

6 La classe de Cm2 c de 28 élèves de l’école Jules Ferry à Bois-Colombes
Cher Monsieur,
Nous sommes la classe de Cm2 c de 28 élèves de l’école Jules Ferry à Bois-Colombes. Notre maîtresse s’appelle Mme Cuaz-Pérolin. Nous avons lu Little Lou. Nous avons beaucoup apprécié votre livre et nous voulons vous poser quelques questions afin d’en savoir un peu plus.
Nous attendons impatiemment vos réponses.
La classe de Cm2 C
Nos questions :
Après la mort de M. Slim aviez-vous toujours autant envie de publier votre livre ?

Oui parce qu’un projet qui reste dans les cartons c’est toujours un peu triste. Il faut que le travail trouve un aboutissement, une forme partageable par autrui. Et puis j’étais très fier que Memphis Slim qui est à l’origine de mes goûts musicaux ouvre cette histoire.

Qu’est ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?

Grace à la radio j’ai découvert toutes sortes de musiques très jeune et je crois que contrairement à ce qui se passe à la télévision, l’absence d’image permet de rêver la musique, de l’entendre réellement… de-la à en faire, il suffit d’un petit déclencheur. Le fait de chanter est souvent ce qui conduit à la musique.

De quels instruments jouez vous ?

Je chante, joue du piano et de la guitare en amateur. Certains disent gentiment que mon manque de technicité est un peu compensé par une certaine conviction

Est-ce que le Bird Nest a réellement existé, ainsi que Mme Blandish et les autres personnages ?

Cette histoire est inventée mais Memphis Slim et plein d’autres musiciens rencontrés par la suite m’ont dit que j’avais assez bien reconstitué le « paysage » de leurs jeunes années.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’intégrer de la bande dessinée dans votre lisvre ? Pourquoi avoir mélangé deux genres différents?

J’aime la Bd pour son aptitude à coller à un récit rapide. Disons que cela fait un peu cinéma alors pour certains épisodes la Bd est efficace et puis elle cède le terrain à une forme plus lente de récit avec un bloc de texte à lire. Cela structure l’histoire et nuance la façon de la raconter comme dans un récit oral où l’on joue du rythme : lent ou rapide, fort ou chuchoté…
Comme vous le savez le rythme existe dans la musique certes mais aussi dans l’image et dans le texte.

Quel est votre livre préféré ?

De moi ou en général ? Comme j’imagine qu’il s’agit de mes propres bouquins… j’aime « Little Lou » et « La Route du Sud », et puis « Barbe bleu », « Riquet à la houppe » ce sont des souvenirs de ma grand-mère j’aime aussi Les 3 Arts : de Lire, du Pot, des Bises, là ce sont mes enfants petits. J’aime aussi certains livres faits à mes débuts et qu’on ne trouve plus qu’en bibliothèque comme « Le joueur de flûte de Hamelin ».
Et puis dans « Le Royaume des Parfums » c’est un peu une façon de participer à l’enfance de ma femme qui a vécu dans ces pays ensoleillés. Mais en général dans mes livres, je vois aussi mes defauts, ce qui est loupé. En fait le prochain c’est le meilleur

Le jour où vous prendrez votre retraite, arrêterez vous d’écrire ?
En principe si j’ai toujours des envies et des idées je continue

Quel sera le thème de votre prochain livre ?

Lou à Paris (histoire de faux monayeurs)
Peut être aussi une histoire de Michelle Nikly sur un maçon qui trouve un petit sabot dans le mur qu’il perce pour créer une fenêtre, une belle histoire de transmission.

Pourriez-vous écrire un livre sur une classe de cm2. La notre par exemple ?

J’ai au fil des ans rencontré pas mal de classes et plusieurs de ces histoires improvisées pourraient faire de bons livres… c’est vrai ! Dommage que vous soyez si loin. Mais je suis certain que votre maîtresse mijote quelque chose !

Combien de temps mettez-vous pour écrire un livre ?

C’est très variable
« La Batterie de Théophile » je l’ai fait en trois semaines et « La Route du Sud » j’ai beaucoup trainé/six mois de travail effectif répartis sur six ans parce que je fais plein d’autres choses entre temps.

Voilà j’espère avoir répondu correctement à vos questions qui étaient pertinentes.
Le monde étant tout petit peut-être nous verrons-nous un jour comme j’ai retrouvé M.Slim et d’autres comme Samivel qui a beaucoup compté par ses livres quand j’avais votre âge.
Bien amicalement à chacun de vous
Jean Claverie

 

7 Southeast Middle School de Baton Rouge, Louisiana (USA mars 04)
Phillip, Lauren, Ethan, Zachary, Alvarez, Kenny, Daniel,
Nathan, Rachel, Chad et Michele Braud <mbraud@ebrpss.k12.la.us>
Bonjour M. Claverie,
Nous sommes des eleves de francais niveau deboutant. Nous avons lu
Votre histoire La Batterie de Theophile. Nous aimons la musique et danser. Autres histoires par vous ?

C’est un plaisir de recevoir un Email de personnes qui habitent cette région où j’aimerais bien retourner et rester assez longtemps. Comme vous aimez la musique ou la danse on ferait un petit orchestre. Vous ne me dites pas votre âge, moi j’ai 58 ans mais j’ai toujours l’impression d’être encore un peu enfant (peut-être parce que je travaille pour la jeunesse?) Votre français est très bon. Bravo! Continuez…
PS J’aimerais beaucoup connaitre votre opinion sur un livre que j’ai écrit et dessiné qui s’appelle « Little Lou » et qui est publié chez Creative Company (Mankato, Illinois) Si la première histoire vous plait, je vous enverrai la suite en français « la Route du Sud » qu’on ne trouve pas aux USA. Tout se passe dans votre pays et vous me direz si je n’ai pas fait trop de faute!
Amitié à tous. Je joins une photo de mon jardin sous la neige de printemps.
NB J’espère bien retrouver trace de leur amusante réponse

 

8 Gaëlle Anchisi (janvier 05) <anchisi.gaelle@caramail.com>
Professeur des écoles en primaire (Annemasse, en Haute-savoie), j’envisage de lire Little Lou avec mes élèves de CM1. Avant d’aborder cet ouvrage qui m’a touchée tant par son récit que par ses illustrations, j’ai toutefois une question à vous soumettre : quelle a été votre intention en intercalant la petite bande dessinée relative aux gangsters ? Vous serait-il possible de m’éclairer afin que je puisse répondre – sans commettre d’erreur et ainsi respecter votre objectif – aux futures questions de mes élèves. Dans l’attente d’une réponse, bien cordialement.

La partie en BD est là pour accélérer le récit, pour briser la vie tranquille du quartier…
Mais il n’y a pas de lecture officielle et vous êtes libre d’interpréter les éléments qui constituent l’histoire selon la culture des enfants, vos envies aussi… J’ai du reste renouvelé l’expérience dans la suite de Lou mais avec une intention un peu différente: le début est calme et lent pour évoquer la vie dans le sud et tout s’accélère au milieu pour que la fin soit plus grave, plus solenelle… mais on peut interprèter là-encore comme on sent les choses.

 

9 Elisabeth Siegler-Sibille (janvier 05) elisasiegsib@free.fr
Bonjour, je suis professeur d’éducation musicale et viens d’acheter le livre little lou accompagné de son cd. Cette merveilleuse histoire est accompagnée d’une musique très riche mais malheureusement, il n’y a pas les références des musiques. Où puis-je les trouver ? merci de me renseigner.
Dans l’attente de vous lire. Musicalement

Bonne Année Elisabeth et merci pour l’intérêt que vous portez à mon enfant de papier. Le disque joint ne me plait qu’à moitié: ce sont des morceaux de requins de studio sauf un de Memphis. Vous avez raison c’est un monde infini. Le mieux c’est de surfer avec les mots : Jazz, Blues, Boogie, piano stride, hard bop, rag time, etc… mais la période de Little Lou c’est le Jazz des années d’entre deux guerre.
Les grands pianistes c’est Earl Hines, Art Tatum, John Lewis et puis un peu moins cérébral : Memphis Slim, plus drôles: Pinetop Perkins, plus rare Winifred Atwell, plus contemporains Carla Bley et M.Petrucciani.
Mais il y a aussi les orchestres… pour être sûr de son coup avec des adolescents: Nat et Cannonball Adderley… ils auront le plaisir de déceler les débuts du Funk… mais il y en a trop

 

10 Pascaline Saindor, enseigante (Guyane française Août 05)
… je suis enseignante suppléante, cette année j’aurais une classe de CM1 et je devrais étudier avec mes élèves votre oeuvre « LITTLE LOU ».
J’aimerais que vous m’aidiez, je ne sais pas comment aborder ce livre avec les enfants, au travers de la lecture, j’ai cru comprendre que l’on abordait le thème de la musique noire américaine, aurait-il d’autres thèmes intéressants, auriez-vous des exercices sur LITTLE LOU, enfin comment dois-je m’y prendre car je ne veux pas bâcler une aussi belle oeuvre.
Sur votre site, j’ai déjà trouvé des infos vous concernant.
Merci de me répondre à l’adresse suivante :ZAZDAN@WANADOO.FR

Bonjour Pascaline
Merci de vous pencher sur mon livre avec vos élèves.
Outre le jazz, les multiples formes de jazz, le blues très riche aussi et qui connait des formes actuelles susceptibles d’intéresser des jeunes ( j’écoute en même temps que je vous écris Mighty mo Rodgers « Blues is my walin’wall » que je vous recommande parmi mille autres titres récents) il y a la question du racisme qui est bien loin d’être hors d’actualité, celle du lien de famille, de collectivité… Et puis il y a l’histoire de la prohibition qui a un écho dans la façon peu efficace dont on aborde le problème de la drogue chez nous maintenant: apparition de maffias complexes et planétaires ou locales, en bas de l’immeuble.
Dites -moi ce que donne votre cours cela m’intéresse…

 

11 France Bluegrass
C’est gentil de chroniquer Little Lou dans votre superbe site où il y a plein de copains !
Voilà en qq mots « La Route du Sud »: c’est le retour aux sources ou plus exactement leur découverte. Lou est né dans le Nord, là où le travail a attiré ses parents. A la faveur d’une tournée de l’orchestre de Earl Golson, Lou va retrouver ce vieil oncle Sonny dont tout le monde parle, ses parents et son entourage. C’est le magicien de la « blue note » celle qui aide à vivre. Les gangsters seront bien-sûr au rendez-vous avec, en plus, les alligators, la chaleur, le racisme… j’ai mis longtemps à écrire cette histoire, je le reconnais, mais quand je bricole un truc « à la va-vite » et « à la demande » ça ne me va pas. Pour cette route j’ai pris les chemins buissonniers où il fait trop chaud et où l’on s’arrête pour boire un petit coup dans les petites boîtes de blues, les « juke joints ».
Coté Wood Bee Band, l’orchestre dans lequel je joue habituellement, j’avoue être en rupture du premier CD. Il faudrait represser mais on a de nouvelles chansons, ce serait mieux d’en faire un autre avec le LITTLE LOU TOUR (la formule allégée pour la route). Je vais essayer de mettre quelques morceaux, si c’est possible, sur mon site. Affaire à suivre donc.
Donc pour la tournée, on sera 4: saxo, basse, batterie et votre serviteur au chant et à la guitare ou au piano selon les morceaux. Je mettrai les dates prochainement sur le site. Malheureusement nous devrons vraisemblablement nous limiter au Sud-Est pour cause de non compatibilité de la vie d’artiste et de prof. avec le boulot de musiciens (amateurs). En tout cas on devrait jouer à Montreuil pour le Salon du Livre et soit une Fnac soit une grande librairie à Paris.

 

12 Médiathèque d’Aurillac (rencontre avec des classes Juin 05).
Il n’est pas question de Little Lou dans ce courrier de “bilan” mais 3 des 4 classes avaient très bien préparé ces rencontres sur les 2 albums de LL précisement:

à Juliette Bruel
Pardonnez ce retard mis à vous dire mon sentiment lors de mes interventions à la médiathèque. Comme les périodes plus calmes sont encore lointaines en ces temps de diplômes et d’examens en tous genres, je mets à profit ce dimanche matin pour mettre mon courrier à jour.
Ces rencontres m’ont semblé vraiment réussies parceque les enfants étaient, à l’évidence, encadrés par des enseignants de qualité. Pas l’ombre d’une « classe morte » mais bien plutôt des enfants curieux, sans retenue éxagérée et d’une grande bienveillance entre eux. J’ai donc essayé de faire en sorte que le contenu essentiel de ces ateliers passe le mieux possible: l’image a partie liée avec les mots, avec le texte, ce qui la distingue d’autres formes d’art et la rend si proche des matières en jeu à l’école. Les approches ont été différentes suivant l’energie de la classe et la mienne bien sûr : scénarisation élémentaire, chemin de fer en croquis accessibles à tous, esquisse de texte comme il existe l’esquisse d’image, etc… J’ai également fini sur le petit cours, plus exactement la leçon de dessin qui termine bien ce genre de rencontres tout en conservant éveillé l’esprit de structuration (et que je me refusais à pratiquer jusqu’à très récemment car 20mn de dessin me semblait trompeur)
Les enseignants ont semblé interessés par ma proposition de critiquer par courriel le travail qui découlera de ces mini-ateliers.
Je vous le redis: n’hésitez pas à leur communiquer mes coordonnées.
Le seul bémol tiendrait au fait qu’une classe est venue sans connaître assez mon travail. La chose en soi n’a rien de dramatique. Nous avons « fait des choses » certes; mais des 4 classes, c’était l’expérience la moins vivante et la moins utile pour l’enseignant. Mais la suite nous dira si cette impression était juste.
J’ai accepté qu’une vidéo de toutes les rencontres soit faite et l’ai regretté par la suite pour avoir eu qq désagréables surprises par le passé: des bibliothécaires m’ayant affirmé que la façon dont je conduisais mes ateliers était reproduite à l’identique par certains confrères en panne d’inspiration. Mais basta !
Laissez- moi vous remercier ainsi que Martine Maury et toute l’équipe pour cet acceuil chaleureux. Bien à vous JC

 

13 Anouk et Margaux (Châtenoy le Royal oct. 05) <mariemargaux@wanadoo.fr>
Bonjour ! Nous nous sommes déjà rencontrés à la bibliothèque de Châtenoy le Royal, avec notre école, nous avions assisté à une exposition de vos livres. Nous avons 10 ans toutes les deux. Nous aimerions savoir si Little Lou 2 va sortir en édition de poche, et si oui, à quelle période ? Merci d’avance de bien vouloir nous répondre.
Bonjour Anouk et Margaux

Votre petit mot m’a fait plaisir. Pour moi il signifie que quelque chose s’est passé lors de notre brêve rencontre.
En principe l’édition en format livre de poche se fait lorsque la version album est épuisée. Ce que je sais c’est qu’on devrait avant Noël trouver Little Lou 2 toujours en album mais avec un bonus sous forme de CD de 3 chansons. C’est tout ce dont je suis certain.
Je vous souhaite un bel automne. Amitié à vos copains de classe et à votre prof.

 

14 Anne-Claude Durand (Trégueux dec 05) <anneclaude.bibliotheque@ville-tregueux.fr>
PS : vous avez évoqué dans la FAQ de votre site Le Peuple du Blues de LeRoy Jones. Il est actuellement disponible en folio.

 

15 Philippe Brun et les enfants du CE2 de l’Ecole Marcel Pagnol (Morières les Avignon)
Bonjour,
Je suis Philippe Brun, professeur de musique à Montfavet et j’interviens dans une classe de CE2 pour leur parler du jazz après lecture de votre très beau livre.
1° Avez vous des dessins que je puisse intégrer à un document papier pour la classe sur le jazz, issu du livre ou non, que je puisse reproduire avec votre autorisation? (26 élèves)
2° J’ai vu que vous avez fait des planches près de Gordes… si vous passez dans la région, pouvez vous nous contacter car nous sommes à Morières les Avignon, école Marcel Pagnol ! (possibilité séance de dédicace de nos livres, questions-réponses sur l’écriture du livre, toute autre proposition…)
3° Je prépare une création de chanson avec eux (je suis compositeur arrangeur) et serais très flatté d’écrire une chanson avec vous, ou vous avec eux… sur le thème du jazz, de l’univers de little Lou. Ou plusieurs chansons pour illustrer les images de votre livre… tout est faisable avec votre permission !
Bonne année !
Philippe Brun
Ces liens pour nous connaître:
www.cours2musique.fr
http://creche.des.oisillons.free.fr
http://chorale.cantilene.free.fr

Bonjour Philippe
Merci pour l’intérêt que vous portez à mon fiston de papier. Bravo pour votre site et les musiques qui s’y trouvent (toutes ne marchent pas cependant)
Je passe parfois dans votre région que j’aime mais quand j’y reste pour le plaisir c’est au moment des vacances et vous à ce moment là…
Cette année j’étais au Salon du livre de Sablet en juillet. Dommage qu’on ne se soit pas rencontré à ce moment.
Alors pour ce qui est des dessins ne vous gênez pas pour reproduire des images du bouquin. J’ai bien des croquis, des recherches pour les 2 livres « LOU » et « La Route du Sud mais c’est sur calque donc difficile à scanner. Il y a aussi des images de zique dans la « Batterie de Théophile ». Pour la musique bien sûr si une chanson vous trotte dans la tête ne vous gênez pas je serai ravi de l’entendre et pourquoi pas de faire un couplet.
Amitié et Bonne année
Jean Claverie

Bonjour Jean,
voici la suite de notre aventure !!
vous pouvez télécharger la chanson sur Little Lou sur http://musique.tavan.free.fr ainsi que les photos des enfants et les autres chansons du disque. (non distribué pour l’instant mais fait à quelques exemplaires en distribution gratuite)
à bientôt la joie de vous lire ou de vous entendre (06 14 98 38 23)
Je verrai les enfants jeudi… si vous voulez leur passer un message…..
Nous vous attendons, sur la route de vos vacances, si l’envie vous dit de venir nous voir sur Morières.
Avez vous une adresse postale pour qu’on puisse vous envoyer le disque et des dessins !
à bientôt

 

16 Virginie Lefebvre (22 Jan 06) <virlefebvre@nordnet.fr>
Je recherche deux de vos livres édités chez Albin Michel:
Le Petit Chaperon rouge
La Barbe Bleue
Savez-vous comment je peux me les procurer?
En effet, j’ai pu les étudier avec mes élèves car je les ai trouvés en
bibliothèque. Mais il serait préférable que je les aie dans ma classe.
Ainsi, je peux travailler sur le relation texte-image.
Merci
Virginie Lefebvre

Merci de vous interesser à ma « production ». Je comprends votre
agacement: construire un projet et se retrouver trahie par
l’intendance. De mon côté c’est assez rageant de voir que mon travail
s’ensable alors qu’il y a un intérêt même si ce n’est pas celui des
supermarchés (décidément je ne comprendrai jamais les lois obscures du
marketing)
Comme votre demande s’ajoute à beaucoup d’autres, cette fois
j’interroge Albin-Michel pour en savoir plus.
A ma connaissance ces livres ne sont pas épuisés. Avez-vous essayé par
Amazon (adresse sur la page d’acceuil de mon site) et aussi auprès de
votre libraire qui doit commander.
Merci de me tenir aucourant
Bien à vous
Jean Claverie

Le 21 janv. 06, à 20:29, virginie lefebvre a écrit :
Voilà en fin des nouvelles concernant « La Barbe Bleue ». Ce livre n’est plus édité en album chez Albin Michel. Il est maintenant publié en poche chez Gallimard jeunesse et je n’ai pu le trouver que sur Amazon. Ma libraire n’a pas pu le trouver. C’est vraiment dommage!
Merci de m’avoir répondu si vite, Virginie Lefebvre

 

17 Audrey (avril 06) <audrey368@hotmail.fr>
Bonjour,
je viens de decouvrir votre album little lou (mieux vaut tard que jamais).
j’ai adore cet album, vos illustrations, votre humour, et la legerete avec laquelle vous abordez des sujets difficiles qui restent d’actualite.
je souhaiterais savoir qui vous a inspire les personnages ray slide ( ray charles?) et earl golson (est-il reel? benny golson?) car j’aurai besoin de dicerner le reel de la fiction pour un travail sur votre oeuvre et mes differentes recherches ne me permettent pas de repondre a ces questions.
merci pour les moments de lecture plaisir que vous m’avez offert;
en attente de votre reponse.
Audrey

Bonjour Audrey
Merci de vous être penchée sur Little Lou.
Vous avez vu juste: les noms des personnages sont des assemblages de noms et prénoms de musiciens aimés. Earl Golson c’est d’une part le pianiste Earl Hines découvert lors d’un trop rare concert de jazz alors que j’avais 14 ans et Golson c’est bien sûr comme vous l’avez deviné en connaisseuse Benny Golson, l’homme aux arrangements sophistiqués. Ray pourrait être effectivement Ray Charles ou alors Ray Brown. Cab c’est Calloway. Le camion du laitier en ouverture de « La Route du Sud » c’est Luther Allison et son fils etc… Chacun peut y aller de sa culture, une sorte de jeu ou tout le monde gagne étant donné que je ne suis pas puriste et adepte d’une hiérarchie qui place le jazz loin devant le blues, la soul devant le R’N’B, lui-même précédant le rock et ainsi de suite: j’aime ces plaisirs différents que procurent ces musiques, chacune à sa façon. Sophistication harmonique ou rythmique, simplicité rurale envoûtante, pulsion qui fait que l’envie de danser vous saisit etc…
Voilà Audrey j’espère avoir un peu répondu à vos attentes. Vous trouverez plein de réponses sur le FAQ du site dont l’adresse est située en bas de page. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient je placerai notre échange dans ce FAQ.

 

18 Marie-Cecile Balthazard (22 mai 06) <bmarie.ce@free.fr>
Bonjour,
Je prépare le concours de professeurs des écoles et j’ai choisi de présenter Little Lou lors de l’oral de Littérature Jeunesse. J’ai déjà fait de nombreuses recherches mais il me manque quelques petits détails.
En effet, j’ai vu que Little Lou avait eu quatre prix :
– Totem de l’Album Montreuil 1990
– Bulle d’Or Brignais 1990
– Prix Octogone Musique 1990
– Mention Graphique Bologne 1991
J’aimerais savoir quels sont les critères du jury et qui sont les personnes qui le compose (enfants ou/et adultes).

Bonjour Marie-Cécile

Merci d’avoir choisi mon petit Lou pour votre concours
Je réponds donc en « romain » à vos questions en italique
Les critères sont souvent imprécis pour ces prix c’est une affaire de coups de cœur le plus souvent. Pour avoir fait partie de jury je sais que chacun défend ce qu’il aime et le débat est plutôt informel. Il y avait Cueco et Tomi Hungerer, Bernard Epin pour Le Totem. Pour l’Octogone: Jeanine Despinette. Pour Bologne Etienne Delessert je crois me souvenir. Pour les autres prix je ne me souviens pas.

De plus, je ne sais pas à quoi correspondent précisément ces prix donc j’aimerais que vous me disiez quelques mots sur eux.

Le Totem c’est un peu le Goncourt pour le jeunesse. Son équivalent est le prestigieux Prix Caldecott aux USA. La Bulle d’or c’est un prix pour la BD essentiellement. L’Octogone est le prix du Centre de Litt. Jeunesse de Charleville Mezières qui a pris bp d’importance ces derniers temps, Bologne c’est l’album de l’année à un niveau international (la mention vient après le prix)

De plus, j’ai vu que Little Lou a été édité en format de poche chez Gallimard collection Folio Cadet.

Oui il y a eu plusieurs éditions en poche

Dans cette version, il y a un passage ressemblant à une introduction qui correspond à la rencontre entre le père et la mère de Little Lou,puis il y a un dessin montrant Little Lou avec ses parents : « Dés mon arrivée, moi aussi j’ai commencé à chanter ». Sur la partie droite du livre, on peut observer qu’il y a comme une première de couverture et que l’histoire de Little Lou commence après. Mais dans la première version de l’Album, il n’y a pas cette « coupure ».

C’est juste le découpage est celui que j’avais concu au départ et que l’éditeur américain (Créative Company) avait simplifié craignant que les lecteurs ne comprennent pas ce montage faisant apparaître le héros après la page de titre comme un générique retardé au cinéma.

Je voulais donc savoir si c’est votre choix ou celui de votre éditeur ?

C’est mon choix pour l’édition poche que par ailleurs je trouve appauvrie à cause des recadrages mais c’est la loi du genre quand on change de format.

J’aimerais également savoir si vous avez réalisé les illustrations de Little Lou avant d’écrire l’histoire ou si c’est le contraire ?

Les deux sont « montés » ensemble avec, selon les situations, une première approche textuelle ou de croquis.

De même, comment choisissez-vous les œuvres que vous illustrez ?

Il faudrait plus de temps pour vous en parler ( et je tape lentement) Disons que j’illustre les textes aimés pendant mon enfance et petit à petit je me suis mis à sentir la nécessité d’écrire. Mais j’ai eu parfois des propositions auxquelles je n’ai pas pu dire non. Paul Auster, Michel Tournier etc…

Enfin, qu’est ce qui vous a inspiré pour écrire Little Lou ?

L’amour du jazz, du blues, du rythm & blues et de la culture noir-américaine qu’il m’a fallu transformer un jour dans mon écriture… le dessin associé au texte. Mais c’est une vieille affaire qui remonte à l’après guerre, dès que j’ai entendu cette musique sur le poste de radio famillial. Et puis je me suis essayé au piano, au chant, à la guitare, mais en amateur car c’est quand même l’image mon affaire. Vous trouverez d’autres infos sur le site dont l’adresse figure en bas de page.

Je vous remercie d’avance pour vos réponses. J’ai beaucoup aimé Lou tant pour les illustrations que pour l’histoire de même que Little Lou : la route du Sud.

Merci, j’espère vous avoir été utile. Bonne chance pour cet oral.
Cordialement,

Le 22 mai 06, à 18:57, Marie-Cecile a écrit :
Merci beaucoup pour toutes ces informations précieuses.
Pour la petite info, je présente mon oral dans l’académie de Grenoble, mais pour le moment j’attends impatiemment les résultats des mes écrits…
J’espère avoir la chance de présenter Little Lou…. Croisons les doigts.
Merci encore
Cordialement.
Marie Cécile Balthazard

 

19 Corine et Jean-Marie Levillain (5 juin 2006) <c.levillain@wanadoo.fr>
Bonjour,
Nous sommes entrain de travailler sur votre magnifique oeuvre Little lou afin de préparer l’épreuve d’entretien du CRPE.
Nous nous posions une question sur l’illustration et nous espérons que vous aurez la gentillesse de nous y répondre.
Pour ma part je pense que vous utilisez l’aquarelle, mais nous avons des doutes sur une superposition de plusieurs techniques. Nous aimerions donc en savoir plus .
En espérant que vous aurez le temps de nous répondre nous vous remercions par avance.
Mme Levillain Corine

Bonsoir
Merci d’avoir choisi Little Lou.
Effectivement j’utilise l’aquarelle (en lavis techniques)sur un dessin léger à la mine graphite sur vélin d’Arches. Il m’arrive de renforcer le trait quand la couleur est « montée » avec une mine de carbone d’un noir plus intense. Qq retouches (faux traits, accidents de lavis… ) à l’ordinateur sous Photoshop.
Voila vous savez tout; après il faudrait un petit stage pratique.
Bonne chance pour votre entretien.
Jean C.

 

20 Christelle Denize (7 juin 2006) <cdenize1@club-internet.fr>
Bonjour,
Merci beaucoup de votre réponse et pour les messages des enfants à propos de votre concert, c’est génial…
Je suis admissible, donc je passe les oraux dont l’épreuve de littérature de jeunesse.
Il s’agit d’un exposé de 10 minutes (c’est très court finalement, on ne peut pas trop s’étaler)
Je vous envoie en pièce jointe la trame de mon exposé pour little lou que je souhaite proposer.
J’ai fait un oral blanc avec des enseignants, ça semble correspondre à leurs attentes, sauf ma lecture qu’il faut que je travaille…
Cependant, j’aimerai quand même vous poser quelques questions:
*Qui a choisi d’éditer Little Lou en Folio Cadet?
(de plus, j’ai remarqué quelques différences de texte et d’illustrations entre le folio cadet et l’album gallimard jeunesse)

C’est Gallimard qui automatiquement « passe » en poche les albums qui ont marché. En principe il n’y a pas de différence en dehors du début restauré comme je l’avais conçu au départ et que l’éditeur américain « Créative Company » avait trouvé un peu trop adulte.

*Quelles étaient vos relations avec Memphis Slim? Pourquoi l’avoir choisi plus qu’un autre?

Quand j’ai eu mon premier Teppaz le vendeur avait joint en cadeau ce disque. Memphis c’est la première voix noire que j’entendais: chaude et métallique à la fois. Il a été l’initiateur et ce n’est que bien des années après que j’ai pu lui dire l’émotion que me procure invariablement l’écoute de cette musique. A la fin du premier set au « Petit Journal -Montparnasse » j’ai pris mon courage à 2 mains et lui raconté cela qui ne devait pas être très original pour lui, et puis je lui ai raconté Little Lou et il a accepté d’écrire la préface.

*Vos raisons de traiter les thèmes suivants: le jazz, la ségrégation, la prohibition
Y a-t-il un thème en particulier que vous souhaitiez mettre en avant?

Il n’y avait pas eu encore de livre sur le sujet alors je m’y suis mis avec plaisir et les thèmes sont venus naturellement. Les thèmes que vous pointez sont également importants mais on évoque jamais l’envie irrépressible de faire sonner sa voix ou un instrument, le bonheur de jouer pour autrui, se mettre en danger, réussir sa performance après l’avoir longuement préparée… c’est ce dont j’ai eu envie de parler par Lou.

*J’aimerai également avoir quelques précisions sur certains termes du texte (les pages correspondent au filio cadet: les jours de fête à loyer (p.8) ; l’ivoire (p.18)

Vous trouverez beaucoup de pistes sur le site où je crois avoir expliqué cela:
Pour les fêtes à loyer: à Chicago, on se réunissait pour un genre de loto « arrangé » destiné à aider les derniers arrivants du sud à payer leur installation.
Taquiner l’ivoire, c’est jouer du piano.

*Pourquoi Little Lou est-il plus grand sur la première de couverture?

Peut-être parce que le dessin est un peu plus poussé. En tout cas ce n’est pas volontaire.

*Pourquoi l’image entre le folio cadet et l’album de 1990 est inversée, sur la première de couverture?

Une fantaisie de maquettiste qui voit l’avenir à droite?

*Lors de vos concerts, vous reproduisez des morceaux de jazz célèbres, comme ceux de Memphis Slim, ou des créations de votre groupe?

Les 2

Voilà je pense que j’ai fait le tour de mes interrogations.
J’espère ne pas trop vous embêter avec tout ça. Merci d’avance
Cordialement

En espérant vous avoir été utile. Bonne Chance et tenez moi au courant. Amicalement
Jean C.

 

21 Laurie Delmont (13 juin 06)<delmontlaurie@yahoo.fr>
Bonjour,
Je prépare actuellement le concours de professeur des écoles et j’ai choisi pour mon épreuve de littérature de jeunesse que je passe à la fin du mois, votre petit Little Lou pour qui j’ai eu un coup de foudre!
j’aurais voulu une petite précision au sujet de vos illustrations : certaines ne sont pas en couleur, notamment pour le scène se déroulant à l’église, j’aurais voulu savoir ce que vous vouliez exprimer en faisant ce choix.
En vous remerciant par avance pour ce petit éclaircissement,
Laurie Delmont

Merci Laurie d’avoir aimé mon fiston de papier.
Les dessins au crayon c’est pour évoquer quelquechose de stable: la vie quotidienne, l’église du dimanche, la procession de musiciens qui se succèdent soir après soir au Bird-Nest… bref ce qui fait la vie au jour le jour. Mais c’est aussi parceque je les aimais bien ces dessins tels qu’ils étaient sans couleur. Il n’y a pas toujours de logique implacable dans les choix artistiques.
En tout cas bonne chance pour votre exam.
Jean C.

 

22 Les élèves de CE2 de Saint Louis (16 juin 2006) < primaire.stlouis@orange.fr>
Cher Jean Claverie,
Merci d’avoir répondu à notre lettre.
Nous aimons votre livre  » Little Lou  » parce que nous aimons les dessins et les personnages.
Encore quelques questions: qu’est-ce qui vous a inspiré l’histoire ?

C’est l’envie de parler d’un monde dont on parle très peu, celui des noirs aux USA. Il commence à y avoir quelques ouvrages pourtant; mais je suis fier d’avoir un peu inauguré cet intérêt.

Pourquoi l’histoire de Little Lou se passe en Amérique et pas en France ? Est-ce que vous allez faire une suite à Little Lou ?

Dans le prochain Little Lou sur le quel je travaille actuellement, Lou va prendre l’avion pour jouer à Paris, à Saint Germain des Prés. Il va rencontrer des « Tontons flingueurs » qui sont les correspondants de Carter.

Sonny meurt-il de vieillesse ou d’une maladie ? Que devient Joe Carter à la fin ?

C’est cela. Sonny meurt vraisemblablement d’un arrêt du cœur, ce qui est une belle mort quand on a atteint un grand âge, au côté de son petit neveu à qui il a transmis son savoir et de ceux qu’il aime et qui lui rendent son amour et son estime.

J’adore vos histoires. Moi qui suis folle de dessin, comment faites-vous les regards dans les dessins ?
Margot

C’est une bonne question. D’habitude j’aime faire juste un point quand le personnage est lointain et dessiner la pupille (et paupières) s’il est vu de plus près. Mais l’éditeur américain m’avait demandé de corriger cela, car faire un rond blanc avec le point noir est considéré comme un signe de racisme aux USA (pensez à Banania chez nous). Ce qui m’a paru assez stupide mais je me suis plié à cette exigence pour Little Lou 1. Je n’ai pas renouvellé cela dans la Route du Sud car pourquoi complexifier le regard alors que le reste du personnage est représenté simplement. Ce qui peut présenter un contenu raciste c’est ce que dit l’histoire et là les noirs ont le beau rôle. Déja le grand peintre Fragonard au XVIIIème siècle dessinait ses personnages lointains avec un point et il y avait bien peu de noirs en France à cette époque. Tintin aussi a des yeux en point.

J’ai bien aimé votre livre  » Little Lou et la route du Sud  » mais il n’y avait pas assez de suspense. Si vous faites un autre livre de Little Lou, j’aimerais plus de suspense. Merci et bravo.
Arnaud

Bon, j’enregistre et je veillerai au suspens pour « Lou à Paris » tout en gardant le sens auquel je tiens

 » Little Lou, la route du Sud  » c’est trop bien ! Mais pourquoi la petite Carole est sur la première de couverture alors qu’elle n’apparaît presque pas ?
Vincent

Bonne question encore. C’est un avant-goût. Il y a longtemps que j’avais vraiment envie d’opposer à Lou… son contraire, une petite fille toute claire. Je pensais les faire jouer ensemble, lui du boogie, du blues, du rag et elle, de la musique Irlandaise. Cela aurait donné une musique mixte mais je sais que ce genre de choc était impossible à l’époque. Ce n’est que plus tard, au prix de difficiles conquête que la mixité musicale et la mixité tout court ont pu « prendre » timidement. Mais ce sera pour une autre histoire, un autre thème, presqu’écrit d’ailleurs.

Nous attendons avec impatience les réponses à nos questions. Un grand Merci.

Merci à vous pour cet intérêt que je sens sincère.
Amitié
Jean C.

 

23 Aline LE COSQUER (19 juin 06) <aline_lc_72@hotmail.coma>
Bonjour,
Je passe le concours de professeur des écoles dans l’Académie de Nice et pour mon épreuve orale de littérature de jeunesse qui se déroule la semaine prochaine, j’ ai choisi Little Lou. Contrairement aux autres candidats qui vous ont posé de questions, je n’ai choisi votre album que la semaine dernière! En effet, lors de mes recherches en bibliothèques, je n’avais pas trouvé d’album qui m’avait particulièrement transcendé, et comme il me fallait me décider j’ avais opté pour un album Cycle 1 pour lequel j’avais de bonnes idées d’exploitations. Et puis la semaine dernière, une amie me montre Little Lou et là, durant ma lecture, j’ai été happée, transportée par l’émotion, tellement de thèmes qui me passionnent dans un si petit livre (c’est le format folio Cadet!)! Et puis quelle originalité! Alors c’était une évidence, il fallait que je présente Little Lou pour mon oral! Alors j’ ai beaucoup travaillé, préparé mon exposé mais évidemment à une semaine de l’ épreuve, je me pose des questions auxquelles je n’ aurais pas le temps de trouver les réponses! Je me doute que vous avez beaucoup de travail et si vous ne pouvez pas répondre à mes questions, je le comprendrais, cependant si dans ce cas là, vous pouviez juste me renseigner pour la 1) qui me pose un gros souci (et puis la 2) si je n’ abuse pas trop…), votre aide me serait précieuse!
Merci par avance!
Et puis il me tarde de pouvoir lire la suite des aventures de Lou, certainement aussi touchantes et palpables que le premier épisode!

1) Le jury va certainement me questionner sur Little Lou, la Route du Sud, et je ne l’ ai pas trouvé en magasin donc je n’ ai pas pu le lire! Sur Internet et sur votre site, j’ ai trouvé des résumés; seulement comme je suis censé l’avoir lu, pourriez-vous me narrer chronologiquement ce qui s’y passe avec plus de précision? De plus , y-a t-il des éléments importants et caractéristiques qui différent par rapport à Little Lou? ( illustrations, couleurs…).

Bonjour Je suis étonné que vous ne trouviez pas cet album en librairie. Mais je vais tenter une réponse express.
Honnêtement, je ne peux pas vous raconter « La route du Sud » en abbrégé sans enlever passablement de contenu. Disons que Lou part à la faveur d’une tournée vers le sud, vers ses racines qu’il ne connait que par sa famille, son entourage lui qui est né dans la banlieue d’une ville du Nord. Il va y retrouver ce vieil oncle qui vit dans une communauté cachée dans un coin perdu du bayou pour mener un travail sous-terrain qui consiste à faire prendre conscience aux noirs que l’esclavage est bel est bien terminé et qu’il est temps de refuser les vieilles habitudes d’exploitation. Ces gens sont bien sûr surveillés par des hommes de main des planteurs qui fournissent en alcool les clubs et autres boîtes de nuit des villes. Après de nombreuses péripéties Lou recueillera le socle de sa musique, le blues. Et il jouera pour la première et la dernière fois avec son Oncle au cours d’un barbecue d’adieu. Lou découvre au cours de l’histoire la violence du racisme et de la soumission. Il découvre aussi la dimension un peu magique de cette musique de l’âme et son pouvoir ambigu: soutenir les gens à la peine c’est aussi leur faire accepter leur sort.

2) J’ai vu que Little Lou a été publié pour la première fois en 1990 par Creative Education (édition du Minnesota?): est-ce que cette version était en anglais? Si oui, le titre était-il le même? Et qui a fait la traduction?Est-ce que l’œuvre a eu du succès outre-Atlantique?

Oui cette version était en anglais. Elle a été traduite par Donald et Kathy Zepp, musiciens des Appalaches pétris de(s) culture(s) populaire(s). Le livre a connu un succès moyen aux USA comme tout ce qui traite du monde noir et n’a pas été crée par un noir ( problème complexe du racisme à double sens aux USA, un peu long à expliquer ce soir)

3) Est-ce que vous avez vécu aux Etats-Unis?

Non je n’y ai pas vécu mais j’y ai fait de nombreux voyages en particulier une mémorable remontée du Mississipi de la Nouvelle-Orléans jusqu’à Chicago qui n’est certes pas sur ce fleuve, mais qui est le terme de cette route qu’empruntaient les esclaves puis les « affranchis ». Certains l’appellent la Route du Blues mais le blues a emprunté tant de routes…

4) Y a t il des différences remarquables entre le format album et Folio Cadet? (moi j’ ai l’édition Folio Cadet et je pense d’ailleurs justifier mon choix au jury en disant que ce format qui présente un récit illustré permet une transition entre l’ album et le récit au Cycle 3).

Oui de grosses différences. Ce n’est pas le même objet pour moi qui ai bossé pour qu’il soit ainsi, en album (très bien produit d’ailleurs). Pour ce qui est de l’aspect pédagogique je ne saurais pas vous dire

5) En étudiant les illustrations j’ ai pensé qu’en majeure partie elles sont redondantes (par rapport au texte) car sans les illustrations, on peut comprendre l’histoire; elles ne sont donc pas indispensables. Cependant quelques unes me semblent complémentaires: juste après l’ arrestation des gangsters, on voit Little Lou au piano au Bird Nest et le texte dit « Lou! Et si tu nous jouait quelque chose?… », je pense qu’ici l’illustration est indispensable car elle permet de situer la scène ds l’espace car suite à l’arrestation, le texte ne nous a pas indiqué que tous étaient revenu ds la salle. De même, il m’ a semblé que l’illustration présentant les parents de Lou et Ray devant la salle de concert est indispensable car elle situe l’action ds le temps (le soir du concert).Mon analyse est-elle correcte?

Je suis un vieux routier de cette question du rapport texte-image pour l’enseigner depuis longtemps et la mettre en pratique quotidiennement. Je comprends votre réserve mais il me faudrait trop de temps pour analyser (du reste, est-ce à moi de le faire?) le maillage entre tous les visuels qui s’inter-répondent et les éléments textuels. Ne restez pas en surface (cad narration premier degré) il y a plein d’indices que curieusement les enfant devinent. Ce n’est pas parce que le texte dit une chose et que l’image en dit une autre que cela suffit pour que ce rapport T/I soit riche. Encore faut-il que l’ensemble permette des niveaux de lecture. Un jour ou j’aurai plus de temps j’aborderai la question de façon plus complète.

6) Little Lou est dans la liste de référence des œuvres littéraires pour cycle 3; le jury va probablement me demander à quelle classe je l’utiliserais avec les élèves. Pour mes propositions d’ exploitations pédagogiques, je propose entre autre un travail de recherche sur la condition des noirs aux Etats-Unis à cette époque et ensuite faire un débat sur le racisme en général; et alors là je ne sais pas si c’est mieux au CM1 ou au CM2? (vu que le thème du racisme est dur, je ne sais pas si CM1 c’est pas un peu tôt?)!

Tout dépend, j’imagine de la façon dont la question est amenée.
Bonne chance

 

24 Soizic ROULON (5mars 07) soizicr@hotmail.fr
Bonjour, je m’appelle Soizic et je passe le concours de professeur des écoles. J’ai choisi de présenter « Little Lou » à l’oral car c’est un livre qui me touche beaucoup (j’ai étudié l’histoire américaine et je me suis prise de passion pour l’histoire des noirs-américains, de plus j’aime le jazz, Ray Charles et Miles Davis étant mes préférés, grâce à vous j’ai découvert Memphis Slim).

Bonjour Soizic
Nous avons donc en commun cet intérêt pour ce pan de la culture américaine. Je réponds à vos questions en caractère romains:

Pourquoi avoir utilisé la couleur et le noir et blanc pour vos illustrations? Pourquoi le crayon?

Simplement parce que j’aime le dessin et l’acte de dessiner, aussi je ne cherche pas à masquer le trait par une technique de couleur couvrante comme la gouache. J’aime l’aquarelle ou le pastel en essuyage qui laissent le trait et donc l’histoire de l’image, apparents. Mais dans ce cas il y a aussi le fait que l’image relativement économe en couleur marque la distance du temps.

Que signifie la superposition des pianistes p 28-29?

C’était pour montrer qu’ils se succèdent les uns derrière les autres sur la scène du « Bird Nest » au fil des soirées et ce à un rythme accéléré. C’est une compression du temps et de l’espace en quelque sorte.

Pourquoi y-a-t-il un nid dans le piano p 48-49?

Cela peut vouloir dire d’une part que Lou n’oublie pas ses premières leçons avec le vieux pianiste au « Bird Nest » et puis aussi suggérer que Ray, l’initiateur doit un peu « dorlotter » son apprenti, le faire éclore. Le temps de la violence est passé

Quelle était la différence entre ces deux termes pendant la prohibition : « bar » et « boîte de nuit »?

Ce sont des mots français. Le terme de « bar » est d’une acception relativement récente aux USA. Ce serait un « juke joint » genre de bar/dancing pour gens très modestes généralement à la périphérie des villes ou en rase campagne. On y danse sur de la musique vivante et certains jours on peut y manger des barbecue de tripes dans le nord ou de poisson-chat dans la Louisianne. Le « night-club » était en général plus chic, pour les blancs seulement; mais plus tard, à Harlem on en a aussi pour les noirs.

Avez vous lu cette oeuvre à une classe de CE2, si oui quelles difficultés ont-ils rencontrées pour la compréhension?

C’est toujours un plaisir de parler avec des enfants en classe. Ils comprennent à peu près tout, disons la toile de fond de l’histoire avec les questions de racisme (surtout dans la suite: Lou et la Route du Sud) car nous connaissons aujourd’hui malheureusement une situation qui, tout en étant bien différente, présente une violence de même nature (heureusement encore atténuée, mais pour combien de temps?). J’aime aussi leur jouer parfois un petit morceau à la guitare pour finir, en leur expliquant, là encore qu’il y a un jazz savant et le blues populaire (c’est plutôt ce dernier que je joue!!) et que cela a donné naissance aux musiques qu’ils écoutent aujourd’hui. Ils n’ont pas de difficulté à appréhender ces mutations, ces glissements.

Merci beaucoup de m’avoir répondu aussi rapidement. En effet j’ai consulté votre site, et cela m’a déjà donné des informations. J’aime vraiment vos oeuvres et j’espère pouvoir faire passer cet amour aux enfants… et aux menbres du jury

 

25 Le CE2 de Mme Claire CHAUSSON, Ecole Jules FERRY à Yzeure /Allier (24 mars 07) claire.chosson@wanadoo.fr
Bonjour monsieur CLAVERIE.
Nous sommes une classe de CE2 de l’école Jules FERRY à Yzeure dans l’Allier et nous avons étudié « Little Lou ». Nous allons d’ailleurs aller voir votre exposition au centre de l’illustration de Moulins lundi 26 mars après midi.

J’espère que votre visite du 26 vous plaira car j’ai été impressionné par le travail de l’équipe du Centre de l’illustration pour la présentation de mes images. J’aurais aimé vous guider au milieu de tous ces dessins (il y en a près de 400) et vous raconter des histoires vraies ou inventées; mais comme je suis un peu loin de Moulins, l’animatrice le fera certainement avec talent.

Nous aimerions vous poser une question : comment s’appelle le deuxième gangster surnommé « la brute » ? En effet, dans une bulle de la bande dessinée, il est écrit « Ben !…On les a laissés dehors ! »Certains élèves pensent que Ben est peut-être le prénom de la brute, d’autres pensent que c’est l’interjection « ben ! »

> Votre remarque à propos de « ben » est très juste. C’est la première fois qu’elle m’est faite. « ben » dans mon esprit c’était l’interjection qui marque l’incertitude, l’embarras. Mais cela aurait pu effectivement être le prénom de la Brute à qui je n’en ai pas donné. La confusion vient certainement de l’emploi des majuscules, plus lisibles pour les bulles de BD. Vous l’avez donc baptisé « Ben la Brute »… cela sonne bien.

Nous avons une autre question à vous poser. Nous avons lu votre parodie du Petit Chaperon Rouge, nous l’avons beaucoup aimé et nous voudrions savoir quand il sera réédité. Merci de bien vouloir nous répondre et félicitations pour vos belles illustrations.
A bientôt…Les élèves de CE2 de madame CHOSSON.

> Pour ce qui est du « Petit Chaperon Rouge » Albin-Michel, l’éditeur, m’a promis une réédition prochaine mais je n’en sais pas plus. C’est dommage car beaucoup de lecteurs m’écrivent à ce propos et d’autres livres. »Barbe-bleue » revient souvent. Quel dommage que les livres passent à la trappe même s’ils ont toujours des lecteurs longtemps après leur parution. Heureusement il y a les bibliothèques! Si vous m’y autorisez je ferai figurer votre remarque à propos de « ben » dans le FAQ sur Little Lou dans mon site.
Amicalement

 

26 Marta LORIA (18 juin 2007) figueiredomarta2002@yahoo.fr
Bonjour M.Claverie,
Je travaille toujours sur votre oeuvre Little Lou et j’aimerais vous posez une question à propos de la salopette bleu que porte l’oncle Sonny, le père de Lou et Lou, est-ce un symbole pour vous de la transmission du blues entre ces trois générations ? Et, y a t il un jeu de mot entre le mot « blues » et la couleur « blue » de leurs salopettes ?
Merci d’avance pour votre réponse.
Marta Loria

Bonjour Marta
Question salopette, dans mon esprit il s’agissait du vêtement standard des couches laborieuses et pauvres. Sur les documents anciens, soit les noirs sont en guenilles soit ils sont en salopette (overhaul est le mot empoyé dans les chansons de Big Bill Broonzy) et il est bien rare d’en voir habillés en costume (sauf dans les « minstrels shows » oû du reste, souvent leur rôle est tenu par un blanc barbouillé de cirage!
Pour ce qui est de la transmission, rien, absolument rien n’interdit de voir les choses sous l’angle symbolique: on dit bien les « blue-jeans » mais je ne suis pas certain que la couleur bleu soit toujours associée aussi à la salopette.
Navré de ne pas être plus précis mais je vous le redis vous êtes libre de lire les images comme vous l’entendez.
Amicalement

 

27 Sébastien Degouve et ses CM2 Ecole élémentaire la Bouverie 08500 Revin (21 sept 2007)
Bonjour, je suis Mr Degouve, le professeur de cette classe. Les élèves ont été pasionnés par l’histoire de Little lou. Ceci leur tenait à coeur de vous écrire. C’est deux élèves de la classe qui ont remarqué les illustrations sur la blessure de Ray Slide.
C’est pourquoi, nous nous sommes permis de vous écrire:

Cher Monsieur,
Nous sommes une classe de CM2. Dans la classe, il y a 26 élèves et notre maître s’appelle Monsieur Degouve. Nous avons travaillé sur votre livre Little Lou et nous aimerions avoir un renseignement.
C’est au sujet de Ray Slide et de sa blessure au poignet. En effet, dans 3 illustrations, Ray Slide est blessé à la main gauche ( 1 : quand il court avec Lou, 2 : quand la mère de Lou regarde la main, 3 : quand il raconte comment il a surpris le trafic de Joe Carter.)
Ensuite quand il regarde Lou jouer du piano, il a un pansement à la main droite. De plus, le docteur lui dit :  » Solo de la main gauche pendant 3 semaines. »
Ainsi, on aimerait savoir :
– de quelle main est blessé Ray Slide ?
– avez-vous fait exprès ?
– la mère et le père de Little Lou ont-ils un prénom ?
– si quelqu’un vous a déjà demandé ces précisions ?
En espérant recevoir une réponse.
Merci et au revoir.
La classe de CM 2.

Bonjour Monsieur
Merci d’avoir choisi Little Lou pour vos CM2. et heureux que cette histoire leur plaise.
On m’avait déjà fait la remarque de l’inversion de mains mais de façon moins documentée et méticuleuse que vous le faites. Cela s’explique pour une raison de mise en page. J’ai en effet choisi de retourner l’image de la répétition pour orienter métaphoriquement le piano vers l’avenir de l’enfant (à droite) et j’ai bien sûr assorti le texte. Mais, grave bêtise, j’ai oublié du coup les autres images. Alors bravo aux enfants pour leur observation fine… et autant pour moi!
Pour ce qui est des prénoms des parents, non je n’en ai pas donné jugeant que Pa’ et Ma’ suffisaient (cf: point de vue narratif de l’enfant)
Merci pour ce courrier que je ferai figurer dans la rubrique FAQ de mon site si vous en êtes d’accord.
Amicalement
JC

 

28 Célia CAILLAUD (21 mars 08) adresse supprimée à la demande de l’auteur des questions
J’ai décidé de présenter Little Lou (format album) au Concours de
Recrutement de Professeur des écoles cette année. C’est un plaisir de
le lire, le relire et pouvoir l’étudier avec des enfants… il offre
tellement de possibilités d’exploitations pédagogiques! Cependant,
j’aurais quelques questions à vous poser:

Merci Célia pour votre choix qui m’honore. Je réponds à vos questions dans l’ordre que vous avez voulu.

1 A qui s’adressent exactement vos remerciements?

Mes remerciements vont à Buster Benton, musicien qui a longtemps accompagné Muddy Waters avant de faire une carrière personnelle. Il m’avait tiré d’un mauvais pas dans la banlieue de Chicago avec l’aide de Diane et Alice, ses amies. L’histoire serait un peu longue à raconter et de peu d’intérêt pour les lecteurs en dehors de l’anecdote révélatrice de la persistance d’un racisme inouï et inconnu chez nous. Je remercie aussi Rob Bowman, historien du “Centre d’Etudes pour le Folklore” de Memphis. Ce dernier m’a donné accès à des documents, des films rares et m’a révélé des aspects de la ville du blues et du R’n’B qui à l’époque ne faisaient pas encore l’objet d’un exploitation touristique comme c’est le cas aujourd’hui. Je remercie Allen Eady, l’un des rares noirs qui travaillent dans l’édition à New-York et qui m’a mis en relation avec “Créative Education” qui maintenant s’appelle “Creative Company”. Allen n’avait pas paru surpris des nombreux refus essuyés lors de mes contacts avec des éditeurs américains. C’est lui qui m’a fait comprendre qu’à cette époque et c’est toujours le cas aujourd’hui, quand on a à traiter d’une question qui relève du monde noir on s’adresse à un auteur noir sous peine de problèmes avec la critique en particulier dans le sud.
Je remercie également Tom et George Peterson, mes éditeurs courageux de Creative, ainsi que Donald et Cathy Zepp , amis musiciens qui ont traduit en américain mon texte et se sont prêtés au jeu difficile d’écrire dans le style populaire proche d’auteurs comme Chester Himes: créer à postériori un faux original à partir d’un texte qui se donnait les apparences d’une traduction.
Je remercie enfin Memphis Slim,” idole” de jeunesse que ce livre m’a permis d’approcher “pour de bon”.

2 Sur l’illustration représentant Lou avec Miss Blandish, on peut
remarquer le portrait de Mozart. Pourquoi regarde-t-il Lou en fronçant
les sourcils (d’un air sévère comme Miss Blandish)?

Il s’agissait de montrer que cette musique n’était pas d’un accès ausi facile pour un enfant du ghetto de l’époque. Il lui a fallu faire des efforts, travailler sous deux regards exigeants: Bach et Miss Blandish. Et puis Miss Blandish c’est un peu ma prof. de piano quand j’étais enfant moi-même et qui n’hésitait pas à se servir de sa badine!

3 Sur cette même illustration toujours, pourquoi avoir personnifié le
pot de fleur (à gauche du piano)? Regarde-t-il Lou? Qu’exprime son
visage et pourquoi?

…De la compassion: “tu en baves, comme je te comprends!”
C’est un petit rappel à un album plus ancien “La vieille maison” sur le texte d’Andersen paru chez Nord-Sud Verlag. Les objets dialoguent avec le héros de cette belle histoire don’t le thème est la mémoire.

4 Je sais que « taquiner l’ivoire » signifie jouer du piano ms qd Lou
dit: « …je reconnais que Miss B. a réussi à ne pas trop me
dégoûter de l’ivoire. », j’avoue ne pas trop comprendre: fait-il référence à cette
expression ci-dessus et ds ce cas pourquoi? ou fait-il référence au
passé de la communauté noire, cad l’esclavage avec l’ivoire en
référence à l’Afrique?

Je voulais dire que Miss Blandish, en lui inculquant les bases de la musique classique européenne ne l’avait pas éloigné de la musique, de la pratique-plaisir du clavier (de l’ivoire donc) ce qui est souvent le cas lorsque l’on met le niveau d’exigence, trop haut et trop vite.

5 Créative Education est une maison d’édition américaine ms de quels
Etat et ville est-elle originaire?

Comme je vous l’ai dit plus haut c’est aujourd’hui “Creative Company” qui se situe dans le Minnesota, dans la petite ville de Mankato. Une petite maison familiale qui continue à faire des albums excellement produits avec Etienne Delessert comme directeur artistique.

6 Pourquoi Little Lou a-t-il été retraduit, pour être édité chez
Gallimard? Pourquoi ne pas avoir pris votre texte d’origine en
français?

J’ai déjà répondu à cette question auparavant mais pour être plus précis: j’ai écrit en français en me mettant dans la peau d’un traducteur d’un texte américain. Pour essayer de donner une couleur plus “authentique” à ce récit. Mais bien sûr c’est mon texte original qui figure dans la version de Gallimard.

J’espère que mes questions ne vous parraitront pas inintéressantes.
Merci à l’avance de leur accorder du temps et prendre le temps de me
répondre. (J’attends avec impatience Little lou à Paris). Célia

Vos questions m’ont paru pertinentes et m’ont donné l’occasion de situer le contexte du travail ce à quoi les lecteurs, surtout les plus jeunes, n’ont pas accès en dépit d’un fort intérêt, ce que je constate souvent lorsqu’il m’arrive de rencontrer des classes. Si vous en êtes d’accord je ferai figurer notre échange dans la rubrique “FAQ” de mon site.
Lou à Paris est en chantier, je ne sais quand il verra le jour mais en attendant vous pouvez venir entendre le “Little Lou Tour” en juin prochain à l’Institut Charles Perrault à Eaubonne.
Bien à vous
JC

 

28 bis Célia Caillaud (9 janvier 12)
Bonsoir. La dernière fois que je vous ai écrit, c’était en mars 08, j’étais à l’IUFM de Limoges te je préparais Little Lou pour le concours de professeur des écoles.
Je voulais vous dire que grâce au coup de foudre que j’ai eu pour Little Lou, j’ai obtenu la note de 20 en littérature pour la jeunesse et que je suis aujourd’hui professeur des écoles, métier que j’ai toujours souhaité exercer.
PS: j’aimerais que mes questions et vos réponses restent visibles sur votre site mais toutefois je souhaite que n’apparaissent pas mes adresses mail.

Merci. Célia
Ma réponse à ce courrier s’est égarée mais nul doute qu’elle devait être élogieuse.

 

29 Karim Benouahlima (21 mars 08) pifkar@free.fr
Bonjour, préparant le concours de professeur des écoles et étant en stage avec une classe de CM2, j’ai choisi avec les enfants d’aborder la lecture de votre album « Little Lou » que nous apprécions beaucoup.
Je me permets donc de vous poser une question suite à une interpellation d’élève:
Cet élève en question me demanda ce que voulait dire:  » Dieu ayant fait l’homme à son image…il y a pas mal de chance pour que le seigneur aime la musique. »
J’ai essayé de répondre tant bien que mal pour qu’ils comprennent tous mais ce n’était pas évident.
Comment aborderiez-vous cette explication avec des élèves de CM2?

Bonjour Karim. Merci d’avoir choisi « Little Lou » pour travailler avec vos élèves de Cm2
Pas simple en effet de répondre. Mais je vais essayer.
On pourrait dire à cet élève que la communauté noire, comme toute la société américaine à cette époque, était profondement croyante
et que, comme il est écrit dans l’ancien testament « l’homme a été fait à l’image de Dieu », la communauté qui vit avec Lou admet cela sans l’ombre d’un doute.
Cet enfant peut parfaitement ne pas croire ou adhérer à une autre religion. Là n’est pas la question. C’est simplement un fait historique.

Question subsidiaire: Que dire face à un jury qui me demanderait comment aborder la référence à Dieu avec des élèves alors que la laicité est une de nos valeurs?
Je vous en remercie d’avance

Je suis persuadé que votre jury sera le premier à prôner que la laïcité n’est pas l’évacuation de la question religieuse. C’est tout le contraire car chacun est libre de croire, d’être athée ou agnostique. En revanche il est de la mission de l’école d’enseigner l’histoire de l’humanité aux futurs citoyens et donc d’aborder la question des religions. Des Cm2 me semblent prêt à aborder ces faits, il faut trouver les mots justes bien sûr, mais là c’est votre profession, votre affaire de « passeur ».
Mais certes, cet album ne fait référence qu’à la religion chrétienne. Aussi je suggère que d’autres textes, et il n’en manque pas, parlant des autres religions, soient abordés en parallèle avec celui-ci. Par exemple des textes sur les religions animistes qui étaient celles des ancêtres de Lou avant d’être amenés de force en Amérique. Le fait que ces esclaves aient étés par force contraints d’abjurer leur croyance me semble une question grave et qui peut être posée devant des enfants.
Je vous signale que dans « la Route du Sud », la suite de Little Lou il est fait allusion au côté mystique et mystérieux du blues, la gamme pentatonique ayant des vertus nombreuses et encore mal expliquées sur l' »äme » (voir aussi sur cet aspect, le très beau livre de Leroy Jones « Le Peuple du Blues ».
Je ne sais si cela vous aidera mais il m’intéresserait de connaître l’issue de votre rencontre avec les membres de votre jury.
Si vous n’y êtes pas opposé, j’aimerais assez que votre question figure dans la rubrique FAQ sur « Little Lou » de mon site.
Bien à vous et bonne chance.
JC

 

30 Hélène Ha (29 juil. 08) hahelene@free.fr :
Bonjour Monsieur Claverie,
Je viens de finir le livre « Little Lou » et je ressors charmée autant par l’histoire que la qualité des illustrations. Etant institutrice, votre livre était dans le programme de mes lectures pour un exploitation pédagogique avec ma classe. Je suis aussi passionnée de Jazz et chante ponctuellement avec un copain pianiste.
Mais en lisant votre livre, j’ai vraiment été émue par votre style, l’amour que vous avez pour ces personnages, ça a été comme un « choc » pour moi. Je tenais à vous le dire, car c’est la première fois que j’ai été aussi touchée par un livre à lire pour ma classe!
J’aime surtout la page où on voit Earl Golson donner les leçons à Little Lou. J’aimerais par ailleurs trouver une affiche de cette magnifique illustration). Je ne sais pas si vous pouvez me renseigner.
Un grand merci pour votre travail, cela fait du bien de fire de telles rencontres. Bonne continuation. Hélène Ha (Seine et Marne)

Merci Hélène
Ce que vous me dites me fait bien plaisir, le métier d’auteur/illustrateur étant une activité de solitaire.
Il n’y a malheureusement pas d’affiche de cette image
mais une affiche qui se trouve sur mon site et qui reproduit la couverture.
Nous partageons donc ce même plaisir de la musique car moi aussi je chante.
Peut-être que la suite de Little Lou: « La Route du sud » vous plaira aussi.
Bien à vous et bonne vacances
Jean C

 

31 Chantal Lecointe (mars 11) lecointe.chantal@orange.fr
Bonjour M. Claverie,
Nous (mes enfants et moi) avons eu le plaisir d’assister à un de vos concerts à Poix de Picardie il y a maintenant quelques années (2 ou 3 tout au plus).
A l’époque, nous avons apprécié la musique, ma fille Justine d’ailleurs avait souhaité acheter le CD Little Lou Tour. Quant à mon fils Eliott, il a choisi d’acheter le livre Little Lou Tour. Vous leur avez gentiment fait des autographes sur des gardes page qu’ils ont précieusement conservé.
J’avais déjà constaté que Justine semblait attachée à son CD mais là où j’ai véritablement été étonnée c’est quand elle est revenue de l’école en m’annonçant qu’elle devait rechercher des infos sur le jazz. J’ai bien évidemment allumé l’ordinateur pour lui situer les origines etc. J’ai également sorti mon coffret de CD de jazz et blues et commencé à lui faire écouter quelques morceaux qui me semblaient être des incontournables. Elle n’a pas semblée renversée ! Le lendemain elle est revenue me voir me demandant si Little Lou Tour c’était du jazz. Alors là j’ai vraiment été impressionnée.
Alors je vous dis un grand merci, car grâce à vous, ma fille a fait connaissance avec le jazz. C’est vraiment très agréable pour une maman de constater que son enfant découvre la musique de cette manière. Mes enfants aiment partager des choses avec moi mais en matière de musique ils s’initient seuls.
Justine a choisi comme thème pour son exposé le « Little Lou Tour ». Je me doute bien que vous êtes énormément sollicités mais si un jour vous avez l’occasion de lui envoyer un petit message, je suis persuadée qu’elle sera ravie.
bonne continuation en espérant avoir l’occasion d’assister à nouveau à un de vos concerts
Chantal Lecointe
maman de Justine (bientôt 10 ans, le 11/03/11), Eliott (8 ans) et Léonard (bientôt 3 ans)

Merci Madame pour ce gentil mot.
C’est le genre de courrier qui fait du bien.
Il est un peu tard mais je vous souhaite à vous et à Eliott et Justine une belle année
Jean C

 

32 Christine Jouanique (octobre 13) <c.jouanique@free.fr>
Bonjour cher Monsieur,

Nous nous sommes lancés un collègue et moi, dans une aventure sur le blues :  » les chemins du blues  » que nous espérons devenir des croisées de routes enrichissantes pour nos élèves (CE2 du 14e arrondissement de Paris), pour les personnes à qui nous faisons appel et pour nous-mêmes. Aussi, en avançant dans notre démarche, des questions restent en suspens ( Et d’autres ne manqueront pas de surgir …). Aussi je me permets de vous les poser et je vous remercie d’avance pour vos réponses.

Première de couverture :
1 aquarelle certainement plus que pastels ? mais je n’aimerais pas faire une erreur de présentation.

Oui il y a aquarelle et pastel. Je combine les deux techniques très souvent; petites surfaces en lavis (jus d’aquarelle)et plus grandes surfaces en pastel

2 est-ce vous qui avez créé la typographie du titre ?

Je fais toujours mes mises en pages et parfois je dessine les typos de titrage. Dans ce cas je cherchais un caractère de cette époque et même un peu antérieur. J’avais trouvé dans un vieux catalogue Deberny-Peignot celui-ci dont malheureusement j’ai oublié le nom. Mais, comme souvent pour les échantillons, on ne donne que qq lettres. Alors j’ai redessiné les lettres qui me manquaient dans le même style ce qui n’est pas très difficile quand on a une formation typo.

Pages suivantes :
3 le  » ce qui devait être un camion autrefois  » est-il un chassis de Chevrolet ou de Cadillac aux alentours de 1910 ? Votre souci du de l’authenticité vous a fait sûrement choisir un modèle.

Là ce qui est drôle c’est d’inventer un objet crédible. Une vieille guimbarde il faut que cela amuse le lecteur.

4 Quant à la voiture de gangsters, s’agit-il d’après le devant du capot et votre signature  » Claverie « , d’une Ford aux alentours de 1920/30 ?

Oui là c’est précisément celle qui a « inspiré » Citroën pour sa Traction.

5 En écoutant l’interview archivée par l’INA, je n’ai pas saisi qui, de la communauté noire ou blanche, allait, par des phénomènes de racisme complexes, jeter des pavés dans la vitrine des libraires qui auraient distribué votre « Little Lou » ?

J’ai fait ce livre en 84, il a mis très longtemps à être publié. A cette époque certains membres de la communauté noire étaient encore très violents et réagissaient lorsqu’ils jugeaient qu’il y avait appropriation ou récupération de leurs valeurs. C’est ainsi que le Musée DaSable à Chicago passe en revue beaucoup de ces cas: cela va des Gollywogs (têtes de petits nègres style Banania) à des choses plus complexes comme la récupération de la musique noire par des blancs qui font du fric avec, laissant les auteurs sans royalties. En l’occurrence, selon le premier éditeur américain pressenti, j’aurais (ou plutôt il aurai)t été taxé de récupérateur de la culture noire à mon (son) seul profit. L’éditeur avaient donc envisagé de faire figurer mon portrait (comme c’est toujours l’usage sur les jaquettes US) mais pris à contre-jour de telle manière qu’on puisse me prendre pour un indien (j’avais à cette époque la queue de cheval) ce qui aurait pu détourner le soupçon de méchant blanc profiteur: un indien, minorité opprimée parlait d’une autre minorité et cela pouvait passer.

6 Votre premier éditeur est bien l’éditeur américain  » Creative Education  » ? « éditeurs courageux  » je suppose à mettre en relation avec la question 5 ..

Oui mon éditeur américain est bien « Creative Education », aujourd’hui « Creative Company » à Mankato. Mais ce n’est pas celui qui a eu la maquette en main le premier. Baron’s partenaire de mon éditeur anglais de cette époque s’était donc défaussé pour la raison évoquée plus haut et c’est Alan Eady (responsable de collections chez Baron’s) qui m’a présenté à Creative. Selon lui, seul un petit éditeur et pas un éditeur « main stream » pouvait publier ce livre.
Ces revirements multiples, maquettes, remaquettes et mise au placard ont fait que Lou a mis 5 ans a être publié.

Encore merci pour vos réponses et merci pour l’écriture de votre petit livre qui est une mine d’or !

Merci encore à vous. Avez-vous lu « La Route du Sud » qui est la suite de « Little Lou »… je dessine en ce moment la suite, le 3ème album: « Little Lou à Paris » En voici une image car vous me semblez très calée en mécanique. Merci de ne pas la mettre sur internet surtout.

 

33 Christine Jouanique (nov 13) <c.jouanique@free.fr>
Quel plaisir de pouvoir travailler en avançant dans l’étude d’un livre comme un voyageur qui découvre une nouvelle contrée. Et en plus d’avoir des réponses à ses interrogations !
Merci encore.

Encore des questions (mais vous en aurez d’autres … en espérant que je ne vous ennuie pas !) :
1 Lou, abréviation d’un prénom, peut-être de musicien ou simplement le choix d’une sonorité ?

Lou pour « Loulou’s Back in Town » de Jimmy Smith morceau adoré pour le swing. Et mon fils s’appelle Louis.

2 Miss Blandish, un clin d’œil à J.H.Chase avec son « Pas d’orchidées pour Miss Blandish » ?

Juste dans le mille
3 Le révérend Pickett, je suppose que vous pensez à Wilson Pickett …

Of course !

Hier, j’ai commandé l’album « Little Lou » paru en 1990 pour comparer cette édition avec celle parue en « Folio cadet ». Également la Route du Sud, que je n’ai pas encore lue.
J’ai beaucoup apprécié le palan et le moteur de voiture ! Et la superbe radio ! Ce dessin, bien sûr, reste à la maison.
Merci

PS. En écoutant en classe « Nervous » de Willie Dixon avec au piano, Memphis Slim, une de nos élèves a fait la remarque suivante :  » Je ne connais pas ce genre de musique mais c’est étrange, elle m’a fait du bien. Comme si j’avais beaucoup de joie qui arrivait. »

Lui aussi sent bien « la musique qui guérit », paradoxalement, en parlant de choses pas toujours gaies.

 

34 Christine Jouanique (nov 13) <c.jouanique@free.fr>

Bonsoir,
 » Rob Bowman (born 1957) is a contemporaneous Canadian professor of ethnomusicology and a music writer. » (Wikipedia)
Nous supposons, mon collègue et moi, que c’est de ce Bowman dont il s’agit. Plutôt que du réalisateur de télévision…
Nous avons aujourd’hui étudié la première de couverture de Little Lou : couleurs, dessin, rendu du mouvement (un des élèves a dit : « on dirait que le corps du petit garçon vibre « ), médaillon (harmonica et cheval ailé de Mobiloil).
Amitié,

Oui c’est bien lui Rob qui bossait à l’époque au « Center for Southern Folklore » de Memphis.
Un garçon charmant, historien spécialiste du label Stax (Otis Reding, The Barkeys, etc…) qui m’a guidé dans une ville dangereuse à l’époque, me faisant visiter les lieux historiques.
Amusant cette réaction de votre élève c’est un peu l’effet que je recherchais en effet.